Le 22 mars, nous avons eu l’occasion de voir le film Ghost in The Shell en 3D Imax et d’assister à une séance de questions réponses avec le réalisateur Rupert Sanders.

Sur ce dernier point passons rapidement, la plupart des questions ont été posées par l’organisation de l’événement et si nous mentionnerons certaines des réponses annoncées, la plupart ne sont pas assez pertinentes et ne se montrent pas dignes d’être partagées.

Du contexte

Ghost in the Shell parait pour la première fois en 1989, à une époque où les œuvres traitant de l’évolution technologique se faisaient de plus en plus nombreuses. La littérature avait ouvert la voix (Asimov, Dick,…) le cinéma (Robocop, Terminator, Matrix)  et la bande dessinée  ont emboîté le pas, notamment Masamune Shirow, auter de Gits mais aussi d’Appleseed

Ces œuvres et Ghost in the Shell en particulier abordent des questions philosophiques telles : la différence entre humains et intelligence artificielle, la spécificité de la pensée humaine, la définition du vivant.

GITS c’est l’histoire de la section 9, section anti-terroriste, dirigée par la Major dans un Japon de 2030. Les armures robotiques, la cybernétique, les implants sont accessibles à tous.

Dans les premiers volumes, Applesseed et Gits sont très semblables, dans leur thèmes, mais aussi dans leurs personnages principaux. Ainsi, gommez momentanément de votre esprit l’image d’une Kusanagi froide, détachée des relations avec son entourage. Kusanagi, dont les origines restent assez floues, est amusante, professionnelle jusqu’au bout des ongles mais pouvant troller ses coéquipiers et supérieurs.

 

Du contexte toujours du contexte

Nous avons vu Ghost in the shell en 3D Imax et ce détail peut avoir son importance. Oui, nous en avons pris plein les yeux mais surtout au début. Accoutumance aux effets visuels ou rarification de ceux-ci ? La même impression avait été ressentie lors d’Avatar. Quoiqu’il en soit, la 3D est propre.

Néanmoins, certaines scènes donnent une impression de jouets aux décors notamment les scènes de survol de la ville qui donnent vraiment cette impression de survol d’une maquette par un drone.

Nous évoquions la séance de questions réponses, Rupert Sanders (réalisateur de Blanche Neige et le Chasseur) a évoqué sa découverte de Ghost In the Shell lorsqu’il était encore étudiant et de la vision particulière qu’il avait sur l’oeuvre.

Alors cette vision ?

Lors de l’annonce du projet et des premiers trailers, on ne peut pas dire que le sentiment qui prédominait était l’optimisme. C’est toujours ainsi avec les adaptations, surtout de Manga, surtout ceux qui traitent de sujets complexes.

Alors pour faire simple, votre appréciation du film peut se jouer à pile ou face.

Pile, vous êtes un fan de l’oeuvre, entrez avec des a-priori négatifs et n’arrivez pas à vous en défaire

Face, vous avez (ou non) ces a-priori mais arrivez à prendre le film comme il est, et à en tirer des éléments intéressants.

Le scénario ? Original car il s’attaque aux origines du major. Cependant, si on devait le résumer en s’interdisant de citer du contexte et les noms de personnages, on aurait l’impression de se retrouver devant Robocop. Simple et déjà vu.

Les thèmes, oui ils sont abordés, de manière plus simples disons-le de suite. Parfois finement, parfois un peu moins, avec le sentiment de ne jamais pleinement rentrer dans le sujet. Le bon côté est d’éviter des monologues incompréhensibles (coucou Matrix, Evangelion et Akira)

Les acteurs ? Juliette Binoche porte son personnage, qui est pourtant écrit tel un archétype du genre que vous aurez déjà vu 20 fois. Scarlett Johansson peut faire le sujet d’un débat. Elle incarne un cyborg et en cela, elle laisse passer assez peu d’émotions, ses postures, démarches sont rigides, ce qui est attendu et appréciable.

Takeshi Kitano interpelle. Dans ce Japon futuriste, il reste l’un des rares japonais (avec un personnage secondaire d’importance, et les terroristes et autres cyborgs yakuzas) et, comme dans Johnny Menomnic, le seul à parler en Japonais. Choix artistique/scénaristique renforçant le décalage et l’aspect futuriste où des humains peuvent communiquer en temps réel dans des langues différentes ? Ou choix pragmatique avec un acteur ne maîtrisant pas la langue de Shakespeare et ne souhaitant pas être doublé ? Question secondaire sur quelque-chose pouvant interpeller à l’écran.

Le point qui reste le plus gênant demeure la ville.  Toutes les rues de la mégalopole se ressemblent (ce qui là peut également être un choix scénaristique) mais sont vides de civils.

Du fan-service ?

Ce qui créé un réel manque. Dans le trailer de Ghost in the shell, nous avons eu le droit à une séquence hommage, une course poursuite dans une ruelle déserte qui se finit par cette scène :

Dans l’oeuvre d’origine, celle-ci est beaucoup plus longue, donne encore plus de contexte et surtout montre une ville grouillante de monde.

Alors oui, les hommages sont toujours attendus, guettés, mais cette scène en particulier donne le sentiment que l’équipe du film s’est senti obligé de la réaliser.

Pour conclure, si vos attentes sont raisonnables, vous passerez un bon moment devant un film Popcorn, qui a ses bons côtés.