Doom c’est du sang, des démons, de la bonne musique et du fun, alors que vaut cette édition 2016 ?

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Qui ne connaît pas Doom ? Jeu emblématique voire même mythique des années 90 qui est resté gravé à jamais dans la mémoire de millions d’enfants. Révolutionnant la 3D et le game design tout en tenant sur cinq disquettes. À titre de comparaison, Doom premier du nom pèse aujourd’hui autant qu’une page web soit 2,39mo ! Après un deuxième opus plutôt réussi, Doom 3 dernier jeu en date de la franchise avait laissé un goût amer aux fans. Trop loin du titre original en terme de gameplay, plus proche d’un shooter FPS basique que d’un fast FPS énergique, le jeu s’était malgré tout bien vendu. L’occasion pour les développeurs de continuer sur la vague et de développer une nouvelle suite. Doom 4 s’est finalement transformé en reboot après un développement repris à zéro suite aux retours calamiteux des premiers tests internes.

Alors après cette reprise de zéro que vaut ce Doom ? Si d’ordinaire il faut attendre la fin d’une longue tirade pour connaître l’avis final sur un jeu, ici on va faire l’inverse !

captureDoom est un très bon jeu, sa place est sur votre étagère, voilà pourquoi !

Le Doom guy

Vous vous réveillez sur un autel entouré de bougies, de sang et de démons, quelques droites plus tard vous voilà débarrassé des démons présents dans la pièce. Avant de quitter cette pièce vous attrapez un pistolet qui traîne par là, tout en regardant un film holographique qui se projette sur l’autel où vous étiez allongé il y a encore quelques instants. Sorte de rémanence de ce qu’il s’est passé quelques minutes plus tôt, on voit des hommes priant autour de l’autel, la pièce suivante vous permet d’enfiler l’armure Preator, elle aussi posée sur un autel. Bizarre.

Nous voilà paré pour affronter la horde de démons qui nous est promise et il y a beaucoup de monde qui attend derrière la porte !

Le scénario reste classique et fidèle à l’histoire de Doom, à savoir que les Hommes, après avoir colonisé Mars pour en extraire de précieuses ressources minières, déterrent des monolithes aux inscriptions étranges. Après les avoir étudiés et compris que ceux-ci permettaient d’ouvrir un portail vers un autre monde, les scientifiques s’en sont donc donnés à cœur joie et ont donc ouvert ce fameux portail, libérant ainsi les démons des enfers.

Votre tâche sera donc de refermer ce portail et d’éradiquer tous les démons que vous trouverez sur votre passage. Pour vous aider dans cette dernière, le Dr Samuel Hayden le chef qui dirige la base martienne va vous guider dans votre périple.

Écouter ses conseils ne veut pas forcément dire les appliquer et c’est ce qui en fait la force du Doomguy. He don’t give a shit ! (Il en a rien à foutre !). id Software a réussi à retranscrire et à nous faire ressentir cet état d’esprit alors même que le Doomguy ne parle pas et que seules ses mains apparaissent à l’écran, nous l’incarnons à 100%. Il est là pour casser du monstre, pour défoncer tout ce qui bouge, tout ce qui se mettra en travers de son chemin. Pourquoi débrancher ça alors que c’est tellement plus simple de le défoncer à coups de pied. Sans parler de l’irrévérence dont il fait preuve dans la manière d’utiliser les « restes » des soldats pour ouvrir les portes ou encore les exécutions. Elles sont le point culminant de la violence du Doomguy envers les démons. Il est la dernière chose qu’ils verront avant de retourner aux enfers et il s’assure que ce dernier moment soit le plus douloureux.

De la vitesse, du sang et…

2954381-6Doom est un fast FPS et id Sofware a fait le travail dans les formes. Si vous n’êtes pas un habitué du genre, il vous faudra tout de même un peu plus que le premier niveau pour vous familiariser avec la pratique. À l’opposé d’un FPS comme COD ou Battlefield, ici, rester statique ou vous cacher signe votre arrêt de mort. Vous vous déplacez plus rapidement que la plupart des ennemis, il faut donc utiliser cette vitesse contre eux en les contournant et en esquivant leurs attaques. La palette d’armes mise à votre disposition vous permettra de laisser libre court à votre « art sanglant » d’exterminer la vermine. D’autant plus que les points acquis lors des objectifs secondaires au fil des niveaux vous permettront d’améliorer vos armes et votre armure, une nouveauté dans la franchise.

Une autre nouveauté dans ce reboot de Doom : les runes. C’est une sorte de power-up permanent aux fonctions diverses, que ce soit plus de munitions lâchées par les démons, plus d’armures ou encore la durée améliorée de stase des ennemis qui attendent votre Glory kill (exécution). Mais avant de pouvoir les activer (trois maximum en simultané), il va falloir les trouver et les gagner ! Sous forme de mini-jeux disséminés au fur et à mesure des niveaux, vos réflexes et vos compétences de tueur seront mis à rude épreuve pour pouvoir obtenir ces fameuses runes.

Comme tout bon fast FPS qui se respecte, votre santé et votre armure ne reviennent pas à leur niveau initial comme par magie, il vous faudra trouver des trousses de soin et de l’armure çà et là ou effectuer une exécution pour espérer récupérer quelques dizaines de points de santé, de quoi s’attaquer aux prochains démons sur une bande-son rock/métal du plus bel effet qui magnifie parfaitement la folie sanguinaire du Doomguy !

Encore du sang !

Fidèle à ses principes, id Software nous livre un jeu qui va vous flatter la rétine, première chose notable, Doom tourne en 1080p 60fps sur toutes les plateformes (plus sur PC suivant votre config) et pour la première fois, pour un jeu sur console, le FOV (Field of View aka la champ de vision) est ajustable jusqu’à 110 alors que d’ordinaire le FOV sur console ne dépasse pas les 90. Les différents environnements sont globalement réussis, que ce soit l’intérieur de la base, Mars ou l’Enfer. Toutefois il y a un mais, la prouesse technique réalisée sur console a laissé des traces et certaines textures ne sont franchement pas à niveau pour peu que l’on s’approche d’un peu trop près. De même, certains éléments du décor peuvent avoir du retard à l’affichage sans parler des temps de chargement un poil long qui peuvent finir par agacer en cas d’échecs répétés ! La franchise Doom se caractérise par sa violence et par son côté gore et ici l’impasse n’a pas été faite, le sang coule à flots et chaque combat se terminera par au minimum une tête réduite en bouillie ! Les Glory kills (exécution) rajoutent également ce côté gore au titre tant le Doomguy prend un malin plaisir à exécuter ses ennemis.

Du fan service en veux-tu, en voilà !

neue-doom-geizt-roten-lebenssaft-192311Si vous êtes un habitué de Doom, id Software vous a dorlotés avec son nouveau bébé, ainsi le fan service a été poussé à son paroxysme pour notre plus grand plaisir ! Tout d’abord le bestiaire, il réunit tous les anciens démons du tout premier opus, fidèlement réinterprétés ils correspondent en tout point à ce que nous aurions pu nous imaginer IRL en 1993 lors de sa sortie. Loin de s’arrêter là, les clefs rouges, bleues, jaunes en forme de carte ou de crâne pour ouvrir les portes sont présentes tout comme l’arsenal originel. id Software a même caché quelques niveaux du tout premier Doom en version originale dans cette cuvée 2016 ! Tout pour rendre heureux les fans de la franchise.

SnapChatMap

screenshot-originalid Software a toujours supporté les mods et les outils de création, ainsi après 23 ans d’existence, Doom premier du nom est en Abandonware (Logiciel Abandonné en français, libre de droit, disponible gratuitement) et jouit de centaines de mods dont Brutal Doom, le plus populaire. Fidèles à eux-mêmes, ils ont ici directement inclus l’outil de création sous le nom et mode SnapMap.

S’il vous sera impossible de créer de nouvelles textures, objets, environnements, l’éditeur de map n’en est pas moins ultra complet. Vous aurez donc accès à l’ensemble des éléments du jeu ainsi qu’à la mise en place de triggers (déclencheurs), de règles (si le joueur fait ça, il se passera ça), etc.. Les développeurs ont même intégré des tutoriels du plus basique au plus difficile afin de ne perdre personne en chemin, il vous sera par la suite possible de proposer ces mods à la communauté via un portail ainsi que de tester ceux de vos petits camarades.

Outil extrêmement puissant et simple à utiliser qui a notamment permis à un joueur PS4 de transformer Doom en MOBA !

Call of Doom

doom-anniversary_730Côté multijoueur, on redescend d’un étage. Si le paquet a été mis au niveau de l’aventure solo et de l’outil de création, le multijoueur, bien qu’intéressant, ressemble à tout ce qu’il y a de plus classique. XP, set d’armes, customisation de l’armure ou encore modes de jeu. On notera tout de même la possibilité d’incarner un des démons qui après en avoir dézingué par centaines s’avère jouissif !

Après huit ans de développement et un reboot complet, ce Doom 2016 est une excellente surprise, attendu au tournant, id Software a, il faut le dire, fait un super boulot. Un solo béton d’une douzaine d’heures minimum et techniquement réussi, il comblera les aficionados ainsi que les néophytes du genre. Les quelques nouveautés apportées au gameplay s’imbriquent parfaitement dans un genre de jeu qui a du mal à se renouveler sans casser la mécanique ou diviser la communauté. Le fan service apporté sur un plateau d’argent par id Software finira de convaincre tout le monde tant cela a été fait de façon intelligente. L’outil de création de niveau extrêmement bien pensé, simple d’utilisation et son multijoueur (même s’il ne restera pas dans les mémoires) prolongerons votre expérience de plusieurs poignées d’heures. En soit, cette cuvée 2016 est un must buy qui n’a d’autre place que le HDD de votre machine préférée et vos heures de temps libre. Le Doomguy qui sommeille en vous n’attend que ça pour se réveiller et exploser du démon !

Fiche Technique

  • Support : PC, PlayStation 4, Xbox One
  • Développeur : id Sfotware
  • Éditeur : id Sfotware
  • Type : FPS
  • Difficulté lors du test : Hard
  • Date de sortie : 17 mai 2016
  • Test effectué à partir d’une version Xbox One fournie par l’éditeur