Gran Turismo Sport, La route du succès?

 

Faisant partie du club fermé des licences phares dont les sorties sont attendues par une énorme communauté, Gran Turismo fait son retour et ce 20 ans après le premier opus! Gran Turismo Sport a toujours été porté par un mode solo de très haut niveau mais ce nouveau titre de Polyphony Digital s’oriente lui sur une nouvelle route, celle du multijoueur. Bonne route ou sortie de route c’est ce que nous allons voir.

Il aura fallu attendre 4 ans depuis le dernier Gran Turismo et l’attente fut longue pour la forte communauté du titre exclusif à la Playstation 4. De plus beaucoup de spéculations sont nées à l’annonce du titre du jeu, en effet en ne numérotant pas cet opus Polyphony Digital a semé le doute dans les esprits. Est-ce juste une prémisse d’un futur titre ou bien un titre complet dans tous les sens du terme?

Dès les premiers instants on ne peut que s’attarder sur la sobriété et l’élégance de l’interface de jeu, on a l’impression de se trouver réellement chez un concessionnaire mais très haut de gamme bien sûr. Sauf que ceci est bien votre garage, à vous de présenter vos voitures telles que vous le souhaitez ainsi que vos tenues. La qualité et la quantité d’informations et d’illustrations et documentaires qui y sont à votre disposition est tout simplement incroyable. C’est bien joli, après nous ne sommes pas non plus à des années lumières de Gran Turismo 6 pourtant sorti il y a 4 ans, alors même avec ce niveau de qualité on attendait peut être un peu plus de nouveauté.

Apres 4 ans d’attente il est logique d’espérer de la nouveauté, que ce soit dans les contenus ou les concepts, mais ce n’est pas le cas. On retrouve toujours les mêmes concepts, seul l’enrobage change. Le mode arcade est toujours présent, les niveaux de difficulté ne sont pas insurmontables, en effet en mode difficile il vous suffira d’assurer vos trajectoires pour atteindre le podium. Vous l’aurez compris l’IA n’a pas évoluée depuis GT 6 et le comportement des pilotes reste dénué d’intelligence ce qui rend vite l’intérêt du mode obsolète pour quiconque recherche du challenge. Dès les premières annonces Polyphony Digital montrait son intérêt pour les modes en ligne et on le ressent énormément dans les modes hors ligne ou même en solo nous ne trouverons pas de championnat.

Passons au mode campagne qui se divise en trois parties, on trouve l’école de conduite, anciens permis de la saga Gran Turismo, vous y travaillerez vos bases en y faisant vos gammes d’entrainement. L’intérêt réside aussi dans le fait que l’on débloque des véhicules. La réussite à ces 24 épreuves n’est pas obligatoire pour accéder aux compétitions, mais vu leur niveau de difficulté vous n’en ferez qu’une bouchée.

Les missions sont la suite logique de l’école de conduite, on reprend les principes que l’on vient de voir en école de conduite et on les applique ici pour dépasser l’adversaire et atteindre une certaine vitesse mais là aussi la difficulté ne sera pas trop élevée.

Enfin dernière étape du mode solo, le mode Expérience du circuit qui compile les deux autres modes dans un examen contre la montre qui vous emmènera sur des portions de courses puis sur un circuit entier. Un peu plus de challenge ici.

Coté contenu, on se retrouve aussi bien loin de nos attentes, le nombre de véhicules est de 170 alors que GT 6 en comptait 1600. Peu de voitures de série mais tout de même largement de quoi s’occuper et trouver son bonheur. Le marché de l’occasion n’est pas de retour, ayant disparu déjà dans GT 6 son retour aurait pu apporter un peu plus de saveur. Project Cars 2 ne fait pas mieux quant au nombre de bolides mais on est tellement loin de Forza.

Coté circuits là aussi le choix est plutôt limité et la majorité des tracés sont fictifs. On ne retrouve que 6 circuits réels mais le reste des circuits proposés est intéressant et les tracés bien étudiés. Mais ils n’auront jamais l’atmosphère d’un circuit réel. Ce qui parait encore plus étonnant avec le fait de retrouver le logo FIA dans les menus avec si peu de contenus officiels. Au total ce sont donc 17 circuits et 28 tracés qui nous sont proposés, on est loin des 37 circuits et 70 tracés de GT 6.

Le rallye n’est pas du tout une réussite, le rythme est mollasson et les sensations absentes, on se demande pourquoi Polyphony insiste sur ce domaine, et avec 3 circuits voilà encore des possibilités en moins.

Le coeur du jeu se trouve maintenant en ligne, son mode principal Sport propose enfin des compétitions, que ce soit en courses simples ou bien sous forme de championnat. Pour les courses simples vous pourrez prendre part à 3 courses par jour. Vous avez la possibilité de faire les qualifications pour vous placer sur le circuit et votre temps est enregistré pour la journée sur le circuit.

Le système de championnat visera lui le long terme avec un affrontement par pays et par constructeur, où des sessions hebdomadaires à heures planifiées sont organisées avec un système de classement qui devrait être le mode phare de GT Sport.

Le mode salon peut aussi tirer son épingle du jeu, vous pourrez créer la course parfaite pour vous, toutes les conditions sont réglables dans les moindres détails ce qui est un vrai point positif. Il n’est pas encore possible de créer un championnat ou un tournoi dans le salon mais les courses vous font quand même gagner de l’expérience. De quoi se créer de bonnes courses entre potes et se lancer la communauté GT.

On retrouve un rang de pilote pour votre niveau obtenu selon vos différents classements en courses mais il existe aussi un rang Fair Play qui est là pour éviter ou limiter les débordements en tous genres pendant les courses. Si l’idée est bonne, dans les faits ce n’est plus la même chose car à la moindre sortie de route et au moindre contact qu’il soit de votre faute ou non vous êtes pénalisé. Le système est bon, les règles le sont moins, car une course sans contact n’existe pas, mais cela permet de limiter ceux qui abusent des contacts et viennent vous pourrir une course. Le système devrait évoluer et trouver le juste milieu ce qui rendra les courses encore plus intéressantes.

Pour finir attardons nous sur les graphismes, GT est à la hauteur de nos espérances le jeu est est très beau techniquement et approche fidèlement de la réalité. Alors il y aura toujours un débat entre GT et Forza dont les éclairages sont magnifiques, ce que l’on retrouve moins ici mais GT reste lui sobre et le travail a bien plus été axé sur la réalisation parfaite des voitures et des arrières plan de toute beauté.