Nous nous sommes lancés dans le test de Homefront The Revolution qui se dote d’un concept aguicheur pour des promesses parties en fumée.

homefront the revolution

Fiche Technique

  • Support : PlayStation 4, Xbox One, PC
  • Test effectué AVEC LE PATCH 1.3 sur PlayStation 4 d’après une version fournie par l’éditeur.
  • Éditeur : Deep Silver
  • Développeur : Dambuster Studios
  • Type : FPS
  • Date de sortie : 20 mai 2016
  • Prix : 49.99€

Lorsque Deep Silver a annoncé Homefront The Revolution, les réactions étaient mitigées. Il faut dire que le premier opus n’a pas installé des bases solides avec des graphismes dépassés, une durée de vie faiblarde et un gameplay qui ne transcendait pas le genre. Seules l’ambiance et le multi rattrapaient le tout, il restait donc à savoir si les leçons avaient été retenues depuis, au vu de ce que laissait entrevoir la bêta, ce n’était pas gagné. Quelques semaines se sont écoulées et si certains problèmes ont été résolus, de grandes lacunes hantent encore l’expérience de jeu. La Révolution a du potentiel mais elle n’aboutira pas sur un avenir radieux, loin de là.

Triste Révolution

Le synopsis de Homefront The Revolution promettait pourtant de bonnes choses. La société Apex nord-coréenne bénéficie de matériels technologiques évolués et fournit les États-Unis jusqu’au jour où la première puissance mondiale entre en pleine crise et se fait envahir par Apex. Nous sommes en 2029, le territoire est occupé et vous mènerez rapidement l’insurrection.

Après une première mise en scène efficace au cours de laquelle vous vous trouvez en mauvaise posture, vous finissez par en sortir indemne mais devez vous coltiner Ben Walker, le symbole de la Révolution, qui est blessé par balles. Il finit par être capturé par la milice d’Apex et c’est là que commence votre aventure. Vous allez tenter de le libérer et surtout mener la révolte à sa place en enchaînant les contrats et missions. Très vite, nous constatons nettement qu’il manque un fil conducteur réel au scénario. Si le chaos est brillamment mis en scène (et nous y reviendrons), le soft manque de temps forts, d’explosivité, de cinématiques marquantes et d’un scénario costaud.

De ce fait, nous ressentons clairement qu’il manque quelque chose. L’expérience de jeu paraît monotone, elle manque d’allant. Puis il nous est souvent demandé la même chose et c’est probablement ce qui caractérise l’expérience insipide ressentie. Le principe était pourtant bon, l’idée de reconquérir la map, de capturer les différents quartiers de la ville. Ceci dit, les méthodes sont toujours les mêmes. Nous sommes dirigés vers un bâtiment plus ou moins gardé, effectuons parfois quelques détours en piratant un terminal qui nous renseigne sur les alentours, éliminons les ennemis un à un, sécurisons la zone. Et il faudra répéter la manœuvre, oui le gameplay est répétitif, oui il méritait clairement de meilleures séquences et une once de variété. Il faudra quelques heures de jeu avant que cela ne se réveille mais provisoirement car le jeu retombe assez vite dans des sessions classiques.

La Révolution a du mal à se soulever

Homefront The Revolution

Tout n’est pas à jeter dans Homefront : The Revolution, loin de là. Les mécaniques du gameplay sont simples mais efficaces, elles n’inventent rien mais elles permettront à bon nombre de joueurs d’apprécier la prise en main assez simple, accessible à tous les fans de FPS. Néanmoins, ceux qui réclameront plus qu’un FPS classique seront peut-être déçus, le jeu ne se démarque réellement pas par de nouvelles fonctionnalités. Si nous voulons être gentils, nous citerons les pièges qui permettront de prendre un petit avantage sur l’ennemi mais rien d’extraordinaire sinon. Les mécaniques consistent surtout à prendre les armes, éliminer en mode bourrin les ennemis OU les mettre K.O en mode furtif. À savoir que selon les situations, il vaut mieux se montrer furtif puisque si vous vous faites repérer, les drones et soldats ennemis peuvent se multiplier dans les environs. Cela dépend aussi du challenge que vous recherchez.

Par contre, Homefront The Revolution n’échappe pas au défaut le plus récurrent dans les jeux vidéo, la gestion de l’IA. Les ennemis ne sont pas souvent malins, ne s’organisent pas forcément intelligemment. Il est arrivé que des adversaires nous tournent le dos, ou restent à couvert pendant de trop nombreuses secondes, nous permettant ainsi de les approcher et de les flinguer, ou simplement les planter. D’ailleurs, s’il existe une chose qui a bien été pensée en terme de réalisation, ce sont les éliminations au corps-à-corps. Même si elles demeurent plutôt simples, il est toutefois agréable d’aller se débarrasser d’un ennemi de cette façon même s’il est possible d’en abuser, au point de rendre les combats moins réalistes, conséquence d’une IA dont la réactivité est mal dosée.

Ce que nous pouvons aussi regretter dans Homefront The Revolution, c’est le manque de diversité dans les moyens de transport, surtout que la map est grande et aurait pu procurer plus de plaisir à être explorée. Pour le coup, nous avons le choix entre courir et choper une moto et cette dernière ne profite pas d’une physique digne de ce nom. La gestion des chocs n’a pas été travaillée, pareil pour les sensations au guidon. En effet, nous ne ressentons aucun choc, aucun grip, il s’agit d’une conduite on ne peut plus arcade, il nous est laissé simplement la possibilité de faire une roue avant et l’utilité de la faire reste assez vague, excepté pour animer le courant d’électricité. Enfin, lorsque nous fonçons sur un ennemi avec la moto… aucun choc ! La progression est à peine freinée, nous passons d’une image à une autre, nous entendons un petit cri mais que c’est mal foutu. Même notre personnage propose des déplacements buggués parfois, quand on ne saute pas correctement vers un bâtiment et qu’il reste plusieurs secondes entre l’air et le mur, un peu bloqué. Bref, tout cela aurait mérité plusieurs semaines supplémentaires de développement.

La Révolution s’est pourtant doté d’un bon fournisseur

homefront the revolution

Dambuster s’est pourtant donné les moyens de réaliser une bonne Révolution. Outre le chaos ambiant bien immersif, les développeurs ont pensé à un système de recrutement qui permet de lancer des guérillas urbaines assez rapidement. Effectivement, il vous suffira d’approcher votre compagnon d’arme, marqué d’une petite icône bleue sur la map, et il intègre votre équipe et suivra vos pas. Faites attention au profil du soldat lorsque vous le recrutez, certains possèdent des armes dévastatrices, tous n’ont pas le même profil et cela reste un point positif à noter. Ainsi, vous avez la possibilité de monter une petite équipe armée de snipers, fusils d’assaut et même d’un lance-missile. Par contre, oubliez la furtivité puisque nous avons vite remarqué que les troupes sont très réactives. Dès qu’ils détectent un ennemi, ils n’hésitent généralement pas à attaquer dans la seconde.

Autre secteur appréciable dans le contenu de Homefront The Revolution, la personnalisation des armes. Nous sommes en mesure de customiser tous les flingues à notre portée, du pistolet au fusil d’assaut en passant par l’arbalète et le fusil à pompe. Par contre, il faudra passer par l’armurerie et ce n’est pas gratuit, vous devrez dépenser des thunes (virtuelles, nous vous rassurons) et des points afin de faire l’acquisition de viseurs, de silencieux ou de moyens de transformer son arme. Ainsi, le pistolet peut vite devenir un pistolet-mitrailleur, le fusil à pompe peut accélérer son rythme de tir et parvient même à devenir plus efficace avec une option déflagration, enfin entre le lance-flammes et le lance-grenades. Ce secteur a été très bien pensé et demeure assez fluide. Puisque vous pouvez transformer les fonctionnalités de votre arme à tout moment, y compris en pleine fusillade. Vous n’avez plus de munitions sur l’une de ses fonctions ? En deux temps trois mouvements, vous pouvez vous sortir de cette mauvaise situation et contre-attaquer. Par contre, le jeu n’est pas mis en pause, donc grouillez ! Notons également les gadgets plutôt sympathiques. Si le système de hack n’a jamais été aussi simple, l’emploi de grenades, cocktails molotov et surtout de la voiture télécommandée demeurent agréables au toucher.

Restons clairs, tout ne sera pas disponible dès les premières minutes de jeu. Il vous faudra enchaîner les missions, principales et secondaires, afin de gagner de quoi obtenir les moyens pour personnaliser vos armes. Les armureries seront distillées un peu partout avec un casier spécifique, pour le coup, Deep Silver vous invite régulièrement à mettre à jour votre arsenal. Vous préparez la Révolution après tout.

La Révolution a bien planté le décor

Homefront the Revolution

En plus de bonnes inspirations pour la personnalisation des armes, Dambuster Studios est parvenu à marquer son monde ouvert de son empreinte. Déjà une réussite dans le précédent opus, l’ambiance qui règne est sous haute tension. Les différents quartiers proposent un environnement hostile, entre occupation et insurrection vit le chaos. D’un côté, un quartier citadin sous la tutelle et surtout le totalitarisme d’Apex, rythmé par les rondes de la milice et l’abus de son autorité sur les habitants américains. Une réelle ségrégation dont il faut mettre un terme en arpentant les coins de chaque bloc. D’un autre côté, une ville en ruines, tombée sous les bombardements de la guerre et dont les restes ne servent que de checkpoints ou d’entrepôt d’armes pour Apex. Pour couronner de succès l’insurrection, il faudra affaiblir l’adversaire et cela passe par le gain de territoires et la prise de pouvoir sur les différents quartiers qui serviront de bastions à la Résistance. En cela, la map est réussie, son intérêt, une fois la conquête entamée, limité.

Si les animations de la ville restent efficaces, la répétition du gameplay et la monotonie de l’aventure n’aident pas à transcender notre expérience de jeu. Homefront The Revolution manque clairement de temps forts, les cinématiques se font généralement en petit comité, par exemple dans le métro entre les leaders de la Résistance. Nous aurions aimé qu’ils mettent en scène des moments de grande envergure, des moments marquants tout simplement, malheureusement cela reste plat.

La modélisation des personnages et de la ville reste pourtant convaincante, le Cry Engine 4 a fait son boulot même si le résultat est parfois inégal. Malheureusement, même en ayant commencé (et terminé) avec le patch 1.3, certains bugs entachent la fluidité du jeu. Si certains sont plus ou moins compréhensibles de par la sauvegarde auto, d’autres beaucoup moins excusables apparaissent en pleine action. Comme démontré en vidéo en tête d’article, un freeze de cinq secondes a fait son apparition au cours de l’explosion d’un Goliath ou en pleine course du personnage principal. Cela n’arrive pas toutes les cinq minutes mais la récurrence des lags est notoire.

La Révolution ne sera pas massive

Homefront The Revolution

Si Homefront The Revolution propose une durée de vie en solo plus qu’honnête, il n’en oublie pas son mode multijoueur. Mieux encore, c’est en coopération que vous vous lancerez dans les missions et les différents scénarios proposés. Malheureusement, Résistance s’inspire grandement du mode Campagne et ne possède qu’un seul intérêt, celui de jouer à plusieurs, et non de se lancer dans des sessions « différentes ».

Nous noterons donc seulement la présence du mode de jeu qui nous permet de personnaliser notre personnage au niveau physique, de même pour l’équipement. Néanmoins, le multijoueur ne se démarque pas assez du solo et ne devrait pas passionner les foules. Difficile de s’emballer pour le mode solo, pas sûr que la motivation soit plus grande pour s’aventurer plusieurs heures dans le multi, même s’il est parfois plus agréable de parcourir la map à deux que seul.

Pour la Révolution, c’est pas gagné…

Difficile de défendre Deep Silver et Dambuster Studios à propos de Homefront The Revolution. Si l’atmosphère qui règne dans les zones occupées est plutôt réussie, la map demeure sous-exploitée, ne proposant que trop souvent au joueur des séquences de jeu redondantes et insipides. Le travail efficace autour de l’utilisation des armes et des gadgets aurait mérité un background plus élaboré, une meilleure IA et plus de stabilité dans le framerate car les freezes sont trop récurrents pour ne pas être soulignés par n’importe quel joueur. La copie avait le potentiel pour être propre, elle s’est entachée de bien trop de ratures. Dommage.

LES TOPS

LES FLOPS

  • ? L’ambiance électrique imprégnée
  • ? Le concept de base
  • ? La customisation des armes
  • ? La réalisation de la map dans son intégralité
  • ? Le scénario manque de matière
  • ? L’IA laisse à désirer
  • ? Les freezes
  • ? Gameplay fade, répétitif