Kingdom Come Deliverance un ovni dans l’univers du jeu vidéo

Nous vous en parlions l’année dernière et c’était pour nous LE jeu de la Gamescom 2017. Développé par le studio Tchèque Warhorse (composé par d’anciens développeurs des jeux Mafia ou Operation Flashpoint entre autre), Kingdom Come Delivrance voit le jour après une campagne Kickstarter réussie débutée en 2014. Le projet étant de faire un jeu médiéval réaliste, sans les habituels potions magiques, sortilèges ou autres dragons. Ici vous êtes avec votre cheval, votre épée et devez parcourir de longs trajets pour vous rendre de village en village.

Un temps que les moins de 20 ans…

Kingdom Come Deliverance prend place au XVe siècle au sein du royaume de Bohême, où se trouve aujourd’hui la République Tchèque (tout comme le studio de production du jeu). Vous êtes dans la peau d’Henry, un fils de forgeron ayant perdu sa famille lors d’un massacre orchestré par un certain Sigismund. Vous débutez le jeu en tant que fils de forgeron vous devrez faire vos preuves afin de grimper dans la hiérarchie des chevaliers pour obtenir votre propre cheval, votre propre armure et vos propres armes.

La base du jeu sera de récolter des informations auprès des villageois pour obtenir des pistes et évoluer dans l’aventure. Chaque villageois possède son propre caractère, il faudra donc vous adapter à votre interlocuteur lors des phases de dialogue afin d’obtenir le plus d’indices possible. Ainsi pour chaque conversation, plusieurs  types de dialogues s’affichent à l’écran afin de vous laisser le choix du déroulement.

Vous pouvez tenter de les amadouer, de les charmer, de les aider, de  les menacer voir même de les tuer. Tout cela dans le but d’obtenir les informations qui vous aideront à avancer. Mais attention car vos actions auront un impact sur la suite du déroulement. Au fil du jeu, vous apprendrez à faire évoluer les compétences de persuasion d’Henry dans certains domaines (vigueur, force, éloquence…) afin d’être de plus en plus convaincant.

Entre RPG et simulation de vie

Les développeurs de Kingdom Come Deliverance ont pris le parti de plonger le joueur dans ce qu’était la vie à cette époque. De ce fait, la vie des villages est orchestrée en fonction des horaires de la journée et chaque PNJ possède ses propres habitudes.

Vous pouvez admirer aux aurores le village prendre peu à peu vie et voir les marchands ouvrir leurs boutique dès 8h du matin. Le soir, les hommes se retrouvent à la taverne pour y faire la fête jusqu’à l’heure du couvre feu. Enfin, vous pouvez également voir les villageois aller se coucher et fermer la porte à clé derrière eux la nuit venue. Tout cela donne une vraie impression de vie dans le village qui est très plaisante.

A vous donc de respecter les horaires afin d’avancer dans l’aventure. Certaines quêtes demandent d’être débutées à une heure précise ou certaines personnes ne sont disponibles qu’à certains moments de la journée. Avec le bouton menu, vous avez accès à l’horloge du jeu, afin de connaitre l’heure exacte. Vous avez également la possibilité d’accélérer le temps si vous n’avez pas la patience d’attendre. Depuis ce menu, un accès rapide à l’état général d’Henry est disponible. Fatigue, santé, faim, les développeurs ont poussé le réalisme jusque dans les moindres détails.

Vous devrez ainsi prendre soin de votre personnage. Penser à se nourrir afin que votre personnage soit toujours en pleine forme, mais faites attention à ce que vous ingurgiter! Une denrée un peu trop périmée et c’est l’indigestion ou l’empoisonnement, vous devrez ensuite acheter un remède pour vous en débarrasser. Henry débute la partie en étant illettré, à vous de l’instruire chez un greffier afin de lui apprendre à lire. Ainsi, il pourra lire des livres afin d’apprendre des remèdes que vous pourrez concocter vous même en cas de besoin.

Après la nourriture vient l’énergie. Vous devrez vous reposer chaque jour afin de dormir (qui sert également de sauvegarde) pour redonner des forces à votre personnage. Plus l’énergie d’Henry est faible, plus il est enclin à se blesser, s’épuiser rapidement mais également les coups subis font plus de dégâts.

Vous pouvez vous reposer dans votre lit habituel, plus confortable et de meilleur facture pour vous requinquer, mais si vous êtes loin de chez vous, vous pouvez également vous reposer dans des auberges (si vous avez assez d’argent) ou bien vous pouvez trouver des abris de fortune dans des granges ou dans la forêt. Ces abris étant moins confortable, la reprise d’énergie sera plus longue.

Pour ce qui est de votre état de santé, c’est tout bonnement votre barre de vie. Il est bon de savoir qu’il n’y a pas de régénération de santé automatique. Retrouver la santé dépendra de la façon dont vous vous êtes blessé. une perte de vie après une bagarre peut se combler en vous reposant ou en mangeant.

Cependant, si vous avez une blessure plus ouverte qui vous fait perdre de sang, il faudra vous soigner d’abord pour stopper l’hémorragie. Si vous vous casser un os, il faudra faire un garrot. Là encore, il faudra que votre personnage ait d’abord appris à réaliser ces actions pour pouvoir les effectuer.

Enfin, à une époque où les castes sociales sont très séparées, il vous faut prendre soin également de votre apparence! Après un combat, vos vêtements peuvent être tachés de sang. Après une longue journée, Henry est quelque peu poisseux. Et votre état de propreté est important si vous devez interroger un noble par exemple. Il sera plus enclin à vous délivrer des informations facilement si vous êtes de son rang. En cas de besoin sanitaire pour faire sa toilette, un petit tour dans les bains publics ou dans une auge de ferme fera l’affaire.

Pour pousser le réalisme encore plus loin, les mouvements de votre personnage ne sont pas les mêmes si vous portez une charge plus ou moins lourde. Votre chevalier à une limite de poids maximum qu’il peut supporter pour continuer à se déplacer de manière fluide. Une fois cette limite dépassée, vous serez dans l’impossibilité de courir, de sauter ou d’effectuer un trajet rapide. Faites donc bien attention aux objets que vous ramassez.

Un système de combat ingénieux… mais difficile à maitriser

Kingdom Come Deliverance dispose d’un système de combat qui ne laissera pas les gamers indifférents: c’est soit on y adhère, soit on le déteste. Les combats sont très techniques et il ne suffit pas de marteler les coups d’épée pour achever son adversaire, bien au contraire. Plus vous ratez vos coups, plus votre personnage se fatigue et est enclin à recevoir un contre dévastateur. Une étoile au centre de l’écran, vous offre la possibilité d’attaquer sous 5 angles différents votre adversaire. Sur console, tout se passe sur les gâchettes arrières de la manette. Attaque rapide avec la pointe de l’arme, attaque lourde avec le tranchant, protection et enfin repousser avec un coup de pied.

Les combats sont assez mous et il faudra vous adapter à l’ennemi pour attaquer au bon moment. En début d’aventure, le système de combat peut rebuter et vous forcer à toujours choisir la manière subtile plutôt que l’affrontement. Mais au fil du jeu, si vous décidez de vous entrainer dans l’arène, votre personnage sera de plus en plus maniable et les combats seront plutôt une partie de plaisir qu’une corvée.

Sauvegarde es tu là?

C’est le plus gros point faible de Kingdom Come Deliverance: son système de sauvegarde ! En effet, le jeu ne sauvegarde automatiquement qu’une fois après avoir fait dormir votre personnage ou en fin de quête de la mission principale. Cependant, il s’avère que certaines quêtes de l’histoire fil rouge, sont longues… voir très longues.

En cours de partie, il n’est pas rare de tomber sur des évènement exceptionnels: embuscade sur la route, mercenaires, etc…  Une scène de combat inattendue alors que vous n’avez pas eu le temps de vous soigner ou d’aiguiser votre épée et c’est la grosse pression. Certaines missions vous imposent parfois un horaire précis afin de pouvoir les débuter. Vous pouvez facilement décider d’aller faire 1 ou 2 quêtes annexes avant histoire de passer le temps ou pour gagner de l’argent. Ou bien vous pouvez tout simplement tomber sur un adversaire un peu trop coriace pas facile à tuer dès le premier essai. Tout cela peut vous amener à une fin de partie précoce. Vous vous retrouvez donc à devoir vous retaper toute votre progression depuis le dernier point de sauvegarde qui peut avoir été fait il plusieurs heures “dans la vraie vie”.

Alors oui, il est possible de trouver ou d’acheter des potions appelées “Schnaps du sauveur” qui permettent de sauvegarder à tout moment. Mais ces potions se font bien trop rares et coûtent assez chères notamment en début du jeu.

Kingdom Come Deliverance est beau de loin, mais loin d’être beau

La phrase “beau de loin, loin d’être beau” s’applique pour beaucoup à Kingdom Come Deliverance. En effet, le jeu est globalement très beau, avec des paysages à couper le souffle et des environnements vivants. Il ne sera pas rare de vous arrêter aux abords d’une vallée simplement pour contempler la vue. Les jeux de lumières sont superbement maitrisés tout comme les effets de refletements en fonction des textures (eau, armure etc…)

Mais à y regarder de plus près, les textures ne sont que trop peu, voir pas détaillées. Des roches lisses, un sol plat, des visages sans expressions… A cela s’ajoutent des effets de clipping  incessants, notamment en forêt. Que dire également des bugs récurrents. Lors des phases de dialogues, l’angle de caméra se met à filmer le mur au beau milieu d’une conversation. Les personnages parlent mais la bouche elle, ne bouge pas…

Il m’est même arrivé une fois, que mon personnage soit bloqué après être descendu de cheval trop près d’un rocher. Résultat, il aura fallut un redémarrage de la sauvegarde pour y remédier, heureusement cela est survenue peu après une sauvegarde.  Tout cela vient vous rappeler que ce jeu (même s’il en à l’air dans ce qu’il propose) n’est pas un AAA au budget colossale. Mais quand on se rend compte que c’est un modeste studio indépendant qui à conçu ce jeu, cela force le respect. On reste quand même persuadé que quelques mois de plus afin de peaufiner tout cela n’aurait pas été de trop.