La nouvelle exclusivité Microsoft a proposé son univers aux joueurs depuis quelques jours. Voici notre test de ReCore

recore_boss-minLe public réclame souvent des nouvelles licences pour ses consoles de jeu et c’est Microsoft qui a dégainé le premier en annonçant ReCore dans un premier temps sur Xbox One, le titre sera aussi publié sur PC suite à la nouvelle politique de la firme. Quoiqu’il en soit, l’univers du titre développé par Armature Studios, Comcept et Keiji Inafune est tout nouveau. L’enjeu est donc de séduire le public avec un premier opus qui ne demande qu’une suite – comme nous le confiait Joseph Staten, scénariste du jeu – si le succès est au rendez-vous. L’aventure de Joule a-t-elle les épaules pour s’installer sur la durée ? Certainement. Ses premiers pas sont-ils parfaitement réussis ? Ce serait mentir que de l’affirmer avec véhémence. Retour sur l’expérience de jeu que nous propose ReCore dans notre test.

Un gameplay bien rythmé

Ce qui séduit dès les premières heures de jeu dans ReCore demeure son gameplay. Des mouvements limpides, une facilité à se déplacer, à tirer, à sauter, le jeu se montre très accessible et le plaisir se fait rapidement ressentir. Mieux encore, le rythme des parties est efficacement cadencé, surtout dans les donjons à visiter. Très vite, les différentes vagues d’ennemis rendront le gameplay quelque peu nerveux, c’est aussi ce côté qui fera le charme du jeu, mais montrera aussi ses limites. L’aventure se montre assez répétitive et amène le joueur à enchaîner les séquences de gun-fight, ce qui ne nous dérange pas plus que cela. Parfois, elle varie un peu et prend des airs de parkour mais cela reste très minoritaire. Nous regretterons également que les combats contre les boss ne soient pas ponctués de moment épiques et consistent en la même chose que les ennemis plus lambdas, tirer pour faire descendre sa vie et lui soutirer son orbe. Nous reviendrons sur d’autres petits défauts plus tard, détaillons avant cela le gameplay.

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Vous pouvez vous épargner les détails sur les mécaniques de gameplay, rdv au prochain titre.

Nous disposerons tout au long de l’aventure d’une seule arme mais celle-ci se décompose en plusieurs types de munitions. En effet, si au départ, en plus du laser initial, les développeurs ont ajouté trois autres couleurs à vos tirs et chacun correspondra également à un ennemi. Certains robots arborent un orbe bleu, d’autres jaune ou rouge et pour chacun d’entre eux, vous disposez d’une munition adaptée à leur teinture. De ce fait, un robot au coloris rouge sera plus facile à éliminer avec de l’énergie rouge et il en va de même pour chaque couleur, le simple pad permettra de varier d’un type à un autre.

En plus d’un grappin utile pour aspirer les orbes (que l’on évoquera plus loin), Joule Adams, l’héroïne du jeu, peut s’appuyer sur son plus fidèle compagnon, Mack. Celui-ci est un allié de taille pour venir à bout des différents ennemis, il représente en quelque sort la seconde arme de la jeune femme. Il ne constitue pas le seul compagnon robot et chacun aura son propre design et surtout ses spécificités. Quand Mack prend la forme d’un chien capable de creuser sous le sol pour récupérer des objets de quête, notre Seth araignée pourra vous balancer dans les airs afin de vous faire progresser, et c’est plutôt agréable à voir. Le troisième, Duncan, tient du gorille et pourra aussi défoncer des murs. Les différents robots-compagnons se débloquent au fil de votre aventure et ils s’inscrivent tous dans un ordre précis, les développeurs souhaitant vous faire comprendre qu’ils seront utiles par la suite. Par contre, seuls deux compagnons peuvent suivre Joule, des choix devront donc être réalisés.

Un monde captivant mais assez pauvre

Les décors peuvent subjuguer tous les joueurs dès les premières minutes, un monde désertique habité par des créatures dangereuses, post-apocalyptique dont le premier aperçu donne très vite envie de progresser pour en découvrir plus. Au final, nous sommes cantonnés rapidement à trois endroits principaux : l’Exploreur (notre QG), les donjons et le “semi open-world” qui n’en est pas réellement un. Il est très vite comparable à un site minier dont il faudrait fouiner tous les recoins juste pour en découvrir le patrimoine. Autre chose, nous demeurons tellement dirigés vers les quêtes et les objets à trouver que ReCore ne laisse pas tellement place à l’exploration, ce n’est pas le but. Certes, il est possible de se détourner de l’objectif qui apparaît à l’écran mais à part quelques enregistrements à collecter (et nous y reviendrons), des plans à cueillir ou des petits robots perdus qui s’évaporent dès que nous approchons, vous ne trouverez que des ennemis qui apparaissent par groupe de 3.

recore_horizon-minDe ce fait, ne pas suivre l’objectif ne vous offrira la possibilité que de farmer, ce qui ne présente pas tellement d’intérêt. L’aspect un peu trop dirigiste du soft est d’autant plus compréhensible, si les développeurs nous indiquent la marche à suivre, c’est que l’intérêt de se détourner de la quête n’apportera rien de transcendant, pas même un bonus pour votre expérience de jeu. Nous apprécierons tout de même les changements climatiques avec la brève apparition d’une tempête de sable, cela reste malheureusement sous-exploité. Il n’est question que de s’abriter avant qu’elle ne fasse rage et ne provoque que trop peu de secousses, aucun effet véritable.

Les donjons restent les plus intéressants à embrasser, ils proposent un minimum de variété. En terme de challenge, il est appâtant de se lancer dans quelques défis chronométrés, avec un minimum de pression. Le parcours oscille entre sauts de plateforme à réaliser dans le bon timing et gunfight et l’impression globale sur la modélisation des décors reste plutôt positive. D’ailleurs, c’est le cas dans son ensemble. Même si le contenu des espaces désertiques aurait pu être plus travaillé, présenter davantage d’interactions, et varier la découverte, la réalisation dans sa globalité se distingue par son côté envoûtant. C’est une des raisons pour laquelle on regrette très vite les limites de ReCore, il aurait pu proposer bien mieux et devenir un must-have… mais non. Il pourra paraître plaisant de découvrir un monde inédit, avec un bestiaire plutôt bien fournie en terme de créatures robotiques parsemées de quelques boss (mais pas assez), on finit par être pressé de terminer l’aventure. Au moins, Microsoft peut se vanter de donner sa chance à des nouvelles licences, ReCore n’est pas un AAA mais il vaut le coup d’œil. Il demande à être approfondi, à être complexifié, on lui pardonne ses quelques défauts. Il est clair que les développeurs ont souhaité le rendre accessible, son prix au rabais l’en atteste également mais il est handicapé par certains manques.

Joule à la recherche

recore_open_world-minComme le précisait Joseph Staten lors de notre entretien, difficile de retranscrire un scénario dans un jeu vidéo dans lequel le gameplay prime avant tout. Cela se perçoit clairement dans ReCore, ce qui ne l’empêche pas d’installer une trame que Joule devra construire elle-même. Au départ, nous savons que nous nous trouvons dans un monde post-apocalyptique, des robots se montrent agressifs et cela perturbe l’héroïne. C’est en avançant dans l’histoire du jeu, en collectant les enregistrements distillés aux quatre coins du site que nous parviendrons à découvrir tous les détails du scénario. Nous avons tout de même du mal à être accroché par celui-ci et c’est probablement dû au fait que nous sommes baladés d’un lieu à un autre sans vraiment savoir pourquoi. Joule est à la recherche d’une vérité, elle veut aussi savoir ce qu’il s’est produit pour que l’écosystème soit aussi bousculé. Mais en tant que joueur, nous ne nous impliquons pas tellement dans le même désir, nous nous contentons plutôt de tirer dans tout ce qui bouge et de cumuler les éléments et compagnons. Le tout paraît bien ficelé mais ne présente rien de trop palpitant, on se désintéresse du scénario pour se concentrer sur des séquences de combat répétitives. 

Pourtant, les étapes du périple de Joule ont été construites de façon basique, des pierres posées en toute simplicité. Elle trouvera des indices dans certains donjons, elle est dans le flou, elle se pose des questions sur ce qu’elle découvre et percera certains mystères petit à petit. La rencontre avec les PNJ débouche sur des explications, sur le gain d’un compagnon mais seuls les robots l’accompagneront dans son voyage. Si le scénariste avait promis que chaque robot s’appuie sur sa propre personnalité, cela reste très léger. Nous percevons surtout le compagnon comme un gadget utile à nous faire progresser, seules les cinématiques permettront de montrer l’amitié et surtout la confiance qui les lient à Joule. Il manque encore sûrement un aspect interactif qui aurait mérité sa place dans ReCore.

Du craft mais pas pour tous !

recore_orbot-minLes développeurs ont inséré un système bien inspiré pour vos compagnons robots en terme de craft, ce qui permet de les customiser de la tête aux pattes. Ainsi, il est vivement conseillé de ramasser tout ce que vous trouvez dans les différents environnements et de bien faire attention à ce que vos adversaires laissent tomber une fois vaincus. Cela permettra d’améliorer les statistiques de Mack et ses amis de deux façons. La première en fabriquant les plans boostant leurs statistiques, ce qui changera également leur apparence. Votre robot pourra ainsi avoir une tête jaune, un corps gris pour des pattes bleues car vous l’aurez personnalisé selon le gain de stats.

L’autre secteur concerne le niveau et encore les statistiques de votre robot. En collectant les orbes, il sera possible de puiser dedans afin de booster votre robot en Défense, Attaque et Énergie. Nous retrouvons encore l’orbe bleu, l’orbe jaune et l’orbe rouge, tous représentant un bonus particulier en stats. Ce système triangulaire de couleurs se retrouvent dans tous les compartiments, il faut dire que cela représente LA bonne idée du jeu.

Cette customisation des robots est plutôt cool, ce qui nous laisse sur la faim concernant… Joule. En effet, si nous pouvons personnaliser les petites bêtes mécaniques, il n’en est rien pour l’héroïne et c’est bien dommage. De ce fait, excepté les différentes munitions (et compagnons) qu’elle acquiert avec le temps, nous gardons la même Joule des heures et des heures. Certes, le gameplay se repose sur ce système à 3 couleurs, mais il aurait été bien inspiré de penser à offrir différentes armes à feu, les faire varier en terme de portée, de cadence, de puissance et ne pas limiter Joule à un seul et même fusil, à apporter un peu plus de folie dans ses mécaniques de gameplay et lui débarrasser de son côté redondant.

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Un potentiel à exploiter

ReCore est un bon jeu, à n’en pas douter, mais trop limité également… à n’en pas douter. Ses mécaniques de gameplay sont efficaces et l’univers qu’il propose maintient la soif de découverte chez le joueur intacte… quelques heures. Néanmoins, il paraît bien trop inexploité dans bien des secteurs, Alter-Eden aurait mérité plus de contenu, plus de vie et de variété dans ses environnements. Les développeurs ont tendance à nous prendre un peu trop par la main. Cela dit, il ne faut pas oublier que c’est une première licence, proposée à un prix abordable et que l’aventure vaut le coup d’être vécue. Il faudra à l’avenir solidifier les fondations tout en complétant l’expérience de jeu, ReCore s’appuie sur un tel potentiel qu’il serait dommage d’abandonner cette nouvelle licence à l’avenir sans y investir plus de budget et plus de temps.

Fiche Technique

  • Support : Xbox One / PC
  • Développeur : Armature / Comcept
  • Editeur : Microsoft
  • Type : Aventure
  • Date de sortie :  septembre 2016
  • Prix : 39€99
  • Test effectué à partir d’une version Xbox One fournie par l’éditeur