Longtemps attendu par les joueurs, The Last Guardian est enfin disponible juste avant les fêtes pour notre plus grand bonheur. L’attente en valait-elle la chandelle ? Ueda s’est-il encore surpassé pour ce nouveau jeu ? Découvrez nos impressions sur cette aventure unique et onirique.

The Last GuardianFiche Technique

Support : PS4

Editeur : Sony Interactive Entertainment

Développeur : Sony Interactive Entertainment (Team Ico)

Date de sortie : 7 décembre 2016

Prix : 59,99 €

Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur.

On s’était dit rendez-vous dans dix ans…

Lorsque Fumito Ueda sort Ico en 2001, il s’agit de son tout premier jeu en tant que Game Designer. La direction artistique du titre était alors acclamée par la critique, mais les ventes sont plutôt décevantes et il faudra attendre 2005 et Shadow of the Colossus pour que le succès critique et commercial soit au rendez-vous. Depuis, les joueurs du monde entier attendent avec impatience le prochain jeu du concepteur japonais et c’est dix ans plus tard que sort finalement The Last Guardian sur PS4, alors que ce dernier devait initialement sortir sur PS3.

Le Project Trico a été lancé en 2007, mais c’est finalement 9 ans plus tard que le jeu sort enfin, pour le plus grand bonheur des fans. On finirait par croire que cette fin d’année 2016 est placée sous le signe des miracles, avec la sortie providentielle de Final Fantasy XV, dont vous pouvez retrouver le test de Wolfen ici. Alors, The Last Guardian possède-t-il toujours cette direction artistique soignée qui a fait la renommée de Fumito Ueda ? Le jeu arrivera-t-il à nous emporter dans son univers ? Réponses dans ce test.

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Une amitié à toute épreuve

Tout commence lorsque notre personnage se réveille, au fond d’une caverne où la lumière peine à entrer et où un chien ailé gigantesque dort, à quelques mètres de lui. On est donc rapidement lancé dans l’histoire, sans savoir où nous sommes ou ce que nous faisons là, mais la voix du narrateur est là pour nous guider dans cette aventure. Notre personnage ne sait pas non plus ce qu’il fait là et tout ce qu’il désire, c’est rentrer dans son village, mais il se rend vite compte qu’il est coincé ici avec la créature, sans espoir de sortir.

Voyant que cette dernière est blessée, notre jeune héros n’écoute que son courage et monte sur le flanc du mastodonte endormi pour retirer la lance, qui clouait la pauvre créature au sol. La douleur la réveille et celle-ci ne semble pas vraiment ravie de voir notre jeune héros et tente de le chasser en prenant une posture agressive. Pourtant, ce dernier revient vers la créature en voyant que celle-ci est affamée et en lui donnant des tonneaux que la créature avale d’un seul coup. Ayant gagné la confiance du géant, le garçon monte alors sur le dos de la créature pour la libérer de sa chaîne et les deux compères vont alors pouvoir commencer à chercher une sortie ensemble. C’est ainsi que débute The Last Guardian et rapidement, on comprend que Trico, notre nouveau meilleur ami, se nourri exclusivement de tonneaux.

Les réactions de l’intelligence artificielle sont extrêmement bien travaillées et tout le long de l’aventure on se croit vraiment en face d’un animal sauvage que nous apprivoisons au fur et à mesure de notre périple. Trico est attachant et le voir apeuré devant un fleuve ou encore montrer son impatience avec des gestes et des petits bruits renforcent cette impression qu’il est bien réel. Le jeu ne nous permet de contrôler que le jeune garçon, mais il faudra toujours compter sur Trico pour avancer. Cependant, si vous perdez la créature de vue, n’ayez crainte, celle-ci a de la ressource et trouvera un chemin plus adapté à sa morphologie par elle-même, même si vous devrez parfois lui ouvrir le chemin en amont. L’objectif du jeu est assez clair : il faut quitter ces ruines poussiéreuses pour permettre au jeune garçon de retrouver son village et pour permettre à Trico de vivre en liberté…

Trico est donc un personnage à part entière, mais aussi une mécanique de gameplay intéressante. Si vous vous amusez à garder un oeil sur lui tout le long de l’aventure, vous remarquerez rapidement que son comportement en dit long sur votre environnement. Que Trico ait remarqué un petit animal comme un lézard ou encore un tonneau qu’il voudra à tout prix manger, la créature est un être vivant, avec un instinct plus vrai que nature. Un instinct bien utile lorsque vous vous retrouverez face à des ennemis mystérieux, qui tenteront d’attaquer la créature et d’emporter le jeune garçon.

Si le héros se retrouve dans une mauvais posture, Trico viendra l’aider, se faisant une joie de pulvériser les agresseurs jusqu’au dernier, montrant ainsi son attachement à son libérateur. Cependant, en l’absence de votre protecteur, vous devrez fuir les combats, même avec votre bouclier, inutile en l’absence de votre compagnon. Ce bouclier vous permet de pointer une direction que la queue de Trico viendra frapper avec un éclair, mais n’oubliez jamais que vous êtes le plus faible du tandem, vous obligeant à vous écarter du combat et à venir soigner Trico lorsque celui-ci a été blessé au cours de la bataille. L’idée de laisser les combats à l’intelligence artificielle et très bonne et change la perspective des joueurs, habitués à vivre le combat comme de puissant guerriers.

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Une histoire et des personnages attachants

Le scénario et le gameplay de The Last Guardian fonctionnent parfaitement ensemble, pour nous donner une histoire chargée en émotion qui ne laissera pas le joueur indifférent si celui-ci s’investit à fond dans le jeu. Malgré tout, le gameplay reste simple et notre héros peut courir, nager, grimper à une corniche ou encore pousser une caisse. Il arrive aussi que Trico et le jeune garçon se retrouvent séparés, mais comme dit plus haut, la créature trouvera facilement un chemin plus adapté pour rejoindre notre jeune héros. Certaines énigmes viennent freiner notre progression et viendront nous demander de faire attention à notre environnement pour les résoudre, ce qui est un bon point et renforce encore plus l’immersion dans l’univers, superbement travaillé que ce soit au niveau des décors, des musiques ou de la bande-son.

Petit problème cependant, la caméra est lente et la tourner prend beaucoup trop de temps, cassant légèrement le rythme, en contradiction avec les mouvements du héros parfaitement animés. En dehors de ça, le jeu ne s’embarrasse pas d’une barre de vie ou d’un timing trop précis, montrant que le jeu est moins orienté action que Shadow of the Colossus. Ici, seuls comptent l’exploration, l’observation, ainsi que la réflexion. Ainsi, ne vous attendez pas à voir un passage trop en évidence ou mis en surbrillance : si vous voulez progresser dans le jeu, vous devrez faire marcher vos méninges et garder les yeux ouverts pour trouver un passage. La patience est donc requise pour ceux qui voudraient se frotter à l’aventure, car si vous voulez parcourir le jeu en courant dans tous les sens, vous passerez souvent à côté de la sortie.

Pour ce qui est de la partie technique, le jeu est extrêmement gourmand et la PS4 standard a souvent du mal avec le frame rate ou la qualité de l’image. Cependant, cela ne vient aucunement impacter le gameplay, donc si vous êtes prêts à fermer les yeux sur ces petits défauts, le jeu devrait vous convenir, surtout si vous recherchez une aventure unique qui vous bouleversera avec son histoire. La musique de Takeshi Fururkawa viendra rythmer votre aventure et ajoute vraiment un petit plus à la direction artistique d’Ueda. Ainsi, The Last Guardian fait partie de ces aventures uniques, qui ne vous laissent pas indifférents. Le résultat d’un développement mouvementé, mais réussi, qui livre une histoire et deux personnages attachants. Une aventure onirique et inoubliable vous attend, durant approximativement une douzaine d’heures, mais qui vous marqueront à jamais.

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