Pokémon Soleil et Pokémon Lune sont sortis depuis un bon mois. Près de 130 heures nous ont permis de compléter le Pokédex en capturant les 301 Pokémon, de terminer les différentes quêtes, de se lancer dans le breed mais aussi dans la capture des chromatiques. Sachant que jouer à un titre Pokémon ne s’arrête jamais à la ligue, il nous fallait juger l’expérience de jeu dans son ensemble, l’occasion de voir que nous avons passé un très bon moment en parcourant l’univers imaginé par Game Freak.

Dans Pokémon Soleil et Lune, il n’est plus question d’arènes Pokémon et leurs champions, de bicyclette pour parcourir à la vitesse de l’éclair les différentes routes ou encore les CS et l’obligation d’embarquer un Pokémon étant capable d’apprendre Flash, Surf, Force afin que cela ne se répercute pas sur la compétitivité de notre équipe. Pour leur dernière création, les développeurs de GF ont laissé place à l’archipel d’Alola, aux nouvelles formes de Pokémon issus de la première génération, ses montures, ses attaques Z, son tour des îles et ses Ultra-Chimères. Avant de revenir sur toutes ces particularités, revenons sur un des aspects de la franchise souvent discuté, le challenge.

pokémon soleil et lune

Un challenge dépendant du joueur.

Les premiers joueurs – et même les autres – râlent souvent en jugeant « trop facile » l’aventure des derniers opus Pokémon. Il est clair qu’elle ne paraît pas si compliquée lorsque l’on s’y lance. Les dresseurs avec un minimum de bouteille sauront qu’il sera nécessaire de bien constituer son équipe, varier convenablement les types, farm un minimum ou ne s’appuyer que sur trois Pokémon qui engrangeront assez d’XP pour dépasser sans problème le niveau de l’adversaire. En procédant méthodiquement, la quête principale qui consiste à terminer son tour des îles et devenir maître d’Alola ne sera qu’une formalité, notamment avec toutes les aides fournies par Game Freak.

Si vous décidez d’activer le Multi Exp (mon dieu, ce que je déteste ce foutu gadget), chacun de vos Pokémon engrangera des points sans même se mêler au combat. Très pratique pour upgrade certains monstres bien faibles au départ mais qui deviendront redoutables par la suite. Plus facile encore, il est désormais possible d’activer l’attaque Z (une fois par combat) afin d’enclencher une attaque surpuissante ou un sort de régénération plus efficace qu’à l’accoutumé. Et lorsque vous aurez bien avancé, vous pourrez même retrouver la Méga-Evolution.

Comme si cela ne suffisait pas, nous avons droit à une base de loisirs sobrement intitulée « Poké Loisir » qui vous permet de gonfler les caractéristiques de vos Pokémon ou même de leur faire monter de niveau. Il sera même possible de gagner leur amitié dans une section, de recueillir des créatures sauvages bien utiles à la complétion de votre Pokédex, de trouver des pierres et autres objets précieux.

Ainsi, en faisant bon usage de chacun des outils mis à disposition, difficile de rester bloqué dans un chapitre de l’histoire, de se faire lyncher par le même adversaire à de multiples reprises tel Sacha contre Régis. Mais au fond, n’existe-t-il pas une façon de faire grimper la difficulté de ce Pokémon Lune et Soleil ? Si jamais vous regrettez le manque de challenge, privez-vous de ces attaques Z que l’ennemi emploie que trop rarement, rangez le Multi Exp de côté, l’aventure sera loin d’être impossible mais la sensation d’être un gros assisté s’évapore déjà plus, enfin ce fut le cas pour moi.

Parce que l’aide procurée par le jeu ne s’arrête pas là. Lorsque démarre la quête de Beladonis, qu’il faut capturer les différentes chimères, vous vous voyez offrir des Ultra Balls, particulièrement efficaces contre les UC… Sérieusement, faut-il faciliter la tâche de tous les joueurs dans tous les compartiments du jeu ? Il restait plutôt appréciable de prier tous les dieux de la galaxie que ce foutu légendaire reste dans votre 37e Hyper Ball que vous lui lanciez pour qu’à votre 50e essai, il veuille bien rester dans une simple Pokéball. Or, pour les Ultra-Chimères, on vous conseille donc de lancer des balls personnalisées qui diminuent votre frustration. Non, je ne suis pas d’accord. Encore moins quand il nous est indiqué si vos attaques sont efficaces contre votre adversaire…

Encore un mauvais point lorsque j’ai expérimenté la capacité Métronome,  cette fameuse capacité permettant de lancer une attaque parmi toutes celles disponibles dans le jeu… mais au hasard, indépendamment de votre volonté. Or, à de multiples reprises, j’ai eu la simple impression que le hasard faisait bien les choses, un peu trop même. L’attaque lancée correspondait trop souvent à la faiblesse du Pokémon ennemi… mais cela ne représentait peut-être qu’une impression.

J’en viens donc à la conclusion que le challenge dépend considérablement du joueur, de sa volonté à utiliser ou délaisser tous les outils mis à sa disposition qui facilitent souvent l’expérience de jeu et la progression du joueur.

Pokémon Soleil et Lune

Alola, un univers qui a du charme mais aussi des limites

Qui se souvient de l’archipel Orange que Sacha explore dans la saison deux du dessin animé Pokémon ? Difficile de ne pas faire le rapprochement avec Pokémon Soleil et Lune à première vue. Tout comme le jeune héros, nous sommes amenés à faire un tour des îles mais malheureusement, Game Freak n’a pas fait les choses en grand. À vrai dire, on ne passe que très peu de temps sur le dos d’un Sharpedo ou d’un Lockhlass, dans les courants marins. C’est bien la première chose que je regrette dans ces deux volets. Nous sommes trop vite propulsés sur une île ou sur l’autre alors qu’il aurait été appréciable de faire de longs trajets comme les précédents opus nous le proposaient déjà. Or, l’aventure, si elle prend place sur un archipel, ne consacre notre temps principalement que sur des zones terrestres. Pire encore, impossible de profiter d’un trajet sur un yacht pour se taper contre les autres dresseurs, pourtant cela aurait eu son charme.

Ne pensez pas non plus traverser des terres glacées ou volcaniques, nous sommes baladés de prairies en prairies, quelques collines, des grottes mais des ruines qui ne présentent pas de labyrinthe corsé. Là aussi, il aurait fallu un travail approfondi de la part de Game Freak. Nous nous demandons même l’utilité de lieux qui auraient pu être mythiques mais qui ne présentent aucun intérêt au final. Je pense ici aux deux grands hôtels qui n’offrent qu’un hall d’entrée à visiter.

Hormis cela, Game Freak a intégré des nouveautés qui participent au charme de la région. Les Poké-Montures font disparaître les CS, les épreuves et ses Pokémon dominants remplacent les arènes. Quelle bonne surprise lorsque pour la première fois, un Pokémon fait appel à ses amis pour l’épauler et corser le challenge. Mieux encore, certains Pokémon n’apparaissent que par ce procédé et certains objets ne sont trouvés que sur ces Pokémon « rares » d’apparition. Vous voulez un Hyporoi ? Va falloir cravacher, trouver un Minidraco et surtout un qui porte une Écaille Draco. Pour ce cas-là, on soupçonne les gars de Game Freak d’être des sadiques.

Mieux encore, les développeurs font monter les enchères avec des QR Code qui vous permettront de compter sur Kaiminus, Clamiral, Roitiflam, Germignon et bien d’autres qui n’intègrent pas forcément le Pokédex régional. Par contre, la déception nous vient du caractère introuvable des premiers starters, Carapuce, Salamèche et Bulbizarre et d’autres qui n’apparaissent que chez les adversaires, donc impossibles à trouver même sur le GTS, forçant le joueur à attendre début 2017 pour se servir de la Banque Pokémon.

En conclusion, la plupart des nouveautés intégrées dans Pokémon Soleil et Lune s’avèrent bonnes et nous n’avons pas fini d’en parler. Néanmoins, on regrettera que la carte ne gagne pas en profondeur, que les zones maritimes ne soient pas plus développées, de même pour les grottes et les ruines qui auraient dû marquer une certaine ambition de Game Freak, il n’en est rien.

pokémon soleil et lune

Des nouveaux Pokémon bien dessinés 

Nous ne nous attarderons pas sur les différentes formes Alola, quoique… allons-y. Chaque semaine, la Pokémon Company nous envahissait d’images révélant toutes les formes d’Alola pour des Pokémon tous issus de la première génération, l’occasion de rejouer sur la fibre nostalgique et de réunir tous les publics afin de compter sur le même succès que Pokémon GO. Enfin, l’aspect compétitif y gagnait également puisqu’en plus d’altérer le design des Pokémon, ces derniers changeaient de type. Désormais, Goupix ne crache plus de flammes mais de la glace, il requiert même une Pierre Glace pour se transformer en Feunard. Autant l’avouer, ce Feunard de glace a de la gueule, de même pour Sablaireau qui le suit dans la tendance hivernale.

Les nouveaux Pokémon ? Difficile d’évaluer au niveau esthétique chaque Pokémon. Certains sont clairement exceptionnels, nous pensons notamment à Tokorico et certaines chimères. Pour les monstres « classiques », certains pensent que plus le temps passe, plus Pokémon devient du n’importe quoi. Je ne partage pas le même avis, même si je me montre perplexe devant un Denticrisse… Pour moi, notre appréciation d’une génération est influencée par notre détachement de l’œuvre en général. Pourquoi les premiers joueurs ont tant aimé les deux premières générations, beaucoup moins les dernières ? Je ne pense pas que ce soit une histoire de crayon. Il faut se remémorer que lorsque nous avons joué aux premiers Pokémon, nous étions bercés par les dessins animés et leurs génériques, nous nous réunissions tous entre amis et/ou en famille pour aller voir les premiers films que nous avons tous appréciés. Or, avec le temps, qui peut dire aujourd’hui qu’il regarde encore les premiers animes ?

Pour moi, ceux qui ont grandi avec Pokémon (jeux, animes, films, cartes…) et ont coupé de la culture Pokémon (en dehors des jeux vidéo) ont inévitablement commencé à se détacher de l’œuvre dans son ensemble, ce qui influe sur la perception des nouveaux Pokémon. Certains Pokémon d’Alola sont laids mais tous ceux de la première génération n’étaient pas non plus tous des bêtes de design.

Bref, cela ne constitue que mon simple avis et je conclurai en disant que l’appréciation de la nouvelle génération dépendra de chacun, personne aura la science infuse sur la question. Et cela a toujours été le cas avec Pokémon comme avec d’autres phénomènes culturels.

pokémon soleil et lune sur la nintendo switch

 Simple dresseur ou champion incontesté

Pour le coup, la durée de vie de ces Pokémon Soleil et Lune dépendra de la passion du joueur. Certains joueurs pourront boucler rapidement l’aventure en devenant maître d’Alola… Rien d’insurmontable. Par contre, si vous êtes décidés à compléter le Pokédex comme je l’ai fait, à envisager les compétitions en ligne et les affrontements réguliers, vous dépasserez la centaine d’heures de jeu voire le double. Parce que vous ne pourrez pas compléter votre Pokédex à moins d’avoir une grande patience et les deux versions du jeu. Si vous ne remplissez pas les conditions, votre connexion internet sera votre meilleure amie afin de vous mêler à l’immense communauté Pokémon. Outre les échanges mystères qui vous laissent de l’espoir quant à la réception d’une perle, vous trouverez probablement votre bonheur sur le GTS.

Il vous faut un Evoli, demandez-le en déposant le Pokémon de votre choix. Étonnamment, il n’est pas toujours nécessaire d’avoir un monstre rare pour obtenir d’autres Pokémon qu’il vous manque. Bref, pour être honnête, j’ai passé de longues heures sur la GTS car il faut être vif, les bons plans sont de courte durée et peuvent s’évaporer très rapidement. Soyez sûrs d’avoir des Pokémon convoités pour obtenir ce que vous souhaitez. Optez notamment pour des starters ou des bébés Barpau, le dépôt d’un Milobellus représente une réelle garantie pour vos désirs. Ensuite, l’échange de légendaires vous amène à être prudents (procédez entre amis c’est bien mieux) et ce n’est pas pour rien que Game Freak a permis de les exclure des négociations. Quoiqu’il en soit, la complétion du/des Pokédex gonflera votre temps sur le jeu de façon considérable mais c’est également le cas des compétitions et des matchs Online qui nécessitent un savoir-faire exceptionnel.

Beaucoup d’entre vous évitent les matchs en ligne et pour cause, si vous ne possédez pas une équipe équilibrée composée de Pokémon surentraînés et surtout avec de bons IVs et talents adéquats, vous avez quatre chances sur cinq de repartir défait. De ce fait, si vous souhaitez devenir une bête de compétition, il vous faudra des dizaines d’heures supplémentaires destinées à la reproduction. De même, l’Arbre de Combat permettra d’enchaîner les combats et gagner des points nécessaires à l’obtention d’objets précieux pour cette même reproduction et l’entraînement de vos Pokémon. En clair, encore des heures et des heures de jeu en perspective.

Enfin, après avoir complété le Pokédex, vous obtenez le Charme Chroma. Celui-ci multiplie vos chances d’attraper des Pokémon chromatiques, à l’instar du Leviator Rouge qui a marqué toute une génération. Néanmoins, les fans les plus hardcore n’ont pas attendu son obtention pour s’y lancer. Encore une fois, il sera possible d’en faire la collection et de bien des manières (que nous décrirons ultérieurement).

Par conséquent, la durée de vie sera importante pour tous les joueurs qui souhaitent collecter toutes les cellules de Zygarde, compléter le Pokédex, faire les différentes quêtes, se lancer dans la shasse ou le breeding, promettant des centaines d’heures de jeu. Cependant, si vous vous contentez de la quête principale voire des enquêtes post-Ligue sur les Ultra-Chimères, vous pourriez bien repartir déçus de Pokémon Soleil et Lune. Les quêtes secondaires sont assez légères même si j’ai plutôt bien apprécié tous les PNJ à retrouver après la Ligue et l’insertion des QR Codes quotidiens afin d’attraper des Pokémon supplémentaires, de même pour les activités annexes proposées par la Place Festival ou le Poké Loisir. Des efforts conséquents ont été réalisés pour diversifier nos actions. Cela se ressent vraiment sur l’expérience de jeu.