Après la compile des premiers jeux, voici Dead Rising 4 qui remet Frank West en selle. Toujours le même enfoiré dans un monde dévasté par une épidémie. Mérite t-il sa place au pied du sapin de Noël ?

Moins de trois mois après son Triple Pack, Capcom s’associe avec Microsoft pour livrer Dead Rising 4 sur Xbox One et PC. Au centre des débats, un Frank West toujours aussi virevoltant et à la recherche du scoop de l’année. Cette fois-ci, il est accompagné par la reporter-journaliste Vick, une jeune femme aux convictions beaucoup plus humaines, ce qui va pousser le duo à se séparer au terme de leur première mission. C’est ici qu’apparaissent nos premiers regrets, aucune coopération locale n’est proposée aux joueurs en ce qui concerne l’histoire et c’est bien dommage. Frank West représente donc le seul personnage jouable de retour à Willamette.

dead rising 4

Frank West un jour, Frank West toujours

Pourquoi la ville n’a-t-elle toujours pas vaincu ses vieux démons et doit encore lutter contre les morts-vivants ? Dès les premières minutes, l’enquête est menée et révèle des comportements étranges de certains humains. Des expérimentations seraient menées afin de les transformer, une femme au profil plutôt militaire souhaite couper court à l’enquête du héros qui se fait très vite plus d’ennemis que d’alliés. L’histoire en elle-même reste de qualité et on est même tenu en haleine par les multiples rebondissements.

En réalité, Dead Rising 4 ne se différencie pas tellement de ses prédécesseurs. En quoi consistent les activités de ce quatrième épisode ? Un quotidien plutôt classique mais loin d’être calme. En terme de gameplay, vous oscillerez entre phases d’enquête, traversées d’un quartier de zombies à un autre, exploration de zones intérieures/extérieures et séquences de combats armés. Le métier de reporter est représenté par l’appareil photo de Frank qui gagne quelques fonctionnalités. Seul regret, ce côté gadget n’est utile que lors des phases arrêtées qui s’avèrent rapidement répétitives. On nous demande de photographier les bons objets qui feront avancer l’enquête et on repart pour de dangereuses aventures. Certes, cela sert un minimum l’intrigue mais c’est assez limité.

Les phases d’exploration sont tout aussi classiques, c’est plus de la traversée que de la découverte. Ce qui demeure parfois impressionnant, c’est la foule de zombies qui manifeste dans chaque rue de la ville. Ce sont des centaines et des centaines d’assaillants qui inondent l’écran. Au milieu de l’hostilité ambiante, quelques non-infectés qui appellent à la rescousse, soit parce qu’ils sont envahis de zombies, soit parce qu’ils sont entourés de survivants armés. Ils feront donc office d’activités annexes et vous serez récompensé d’une arme spéciale si vous les assistez. Quelques quêtes secondaires vous feront visiter des endroits plus dangereux souvent sous prétexte d’enquête. Des groupuscules, “les Maniaques” sévissent et sont tout aussi déjantés que dangereux, cela donne souvent lieu à des séquences explosives ou complètement “what the fuck” !

dead rising 4En visitant les différents actes de l’histoire de Dead Rising 4, vous serez confrontés à des ennemis toujours plus puissants, logique. Les morts-vivants gagneront en résistance et en mobilité. Par contre, en tombant sur la bonne zone, le joueur pourra lui acquérir des armes très puissantes dès le début de la partie. Ainsi, les Exosquelettes vous équipent d’une arme dont la puissance et la solidité sont décuplées en un instant. A partir de là, vous serez en mesure de faire face à des vagues d’ennemis à l’aide d’une arme à feu (mini-gun ou lance-flamme) et d’un grand hachoir afin de combattre des adversaires tout aussi équipés ou de néo-zombies aux déplacements plus imprévisibles.

Néanmoins, il ne s’agit pas du seul arsenal de Frank puisque le joueur aura à sa disposition des dizaines et des dizaines d’armes et autres façons de tuer. Avec les poings, avec les balles, avec du bois, du métal… Vous ne serez pas vraiment à court d’idées.

1001 façons de tuer

Capcom Vancouver a gardé tout son côté fun et c’est notamment dû au fait qu’il est toujours aussi plaisant de se promener dans les rues de Willamette. En plus des simples pistolets, fusils à pompe, mitraillette ou lance-missile, l’inventaire s’enrichit amplement grâce à tous les objets qui peuvent être cueillis, ce qui rend le monde de Dead Rising 4 très interactif.

Ainsi, vous visitez une maison, vous pourrez presque tout ramasser pour les mettre dans la tronche de qui vous voulez. Cintres, queues de billard, masque de tyrannosaure ou de Blanka (jolie référence à Street Fighter), pied de biche, moniteurs et ordinateurs, oeuvres de peinture, couteaux de cuisine, vous pouvez tout utiliser pour vous défendre. Et les armes blanches seront également nombreuses car vous tomberez sur tout et n’importe quoi lors de votre progression. Glaive et bouclier façon Moyen-âge, katanas, sabres, épées, tronçonneuses et autres que l’on vous invitera bien à découvrir et expérimenter par vous-même.

Plus fort encore, il est possible de transformer ses armes et de les coupler avec d’autres gadgets. Les développeurs ont plutôt bien fait les choses puisque chaque fois que vous trouverez un plan, les éléments pour le mettre en oeuvre ne sont pas loin. De ce fait, les combos d’armes sont dévastateurs et vous donnent un réel avantage sur l’ennemi. Par exemple, avec l’épée de glace qui reste efficace sur chaque zombie, l’épée de feu, le marteau explosif… ET QUEL PIED ! Quel pied de s’amuser et de se défouler avec toutes les armes à disposition.

dead rising 4Ces combos ne concernent pas uniquement les armes mais aussi les véhicules et cela rend le tout vraiment agréable manette en mains. Nous avons passé de nombreuses minutes à conduire une sorte de kart déchargeant des secousses électriques et c’est clairement amusant. Et que dire de la conduite en fauteuil roulant tout aussi déstabilisante que loufoque… mais la magie opère en toute simplicité. Les combos sont vraiment nombreux en terme d’équipement et il sera possible de tous les retrouver en boutique, enfin chez des marchands qui squattent des refuges que vous aurez nettoyés.

Vous aurez ainsi la possibilité de les acheter directement tout comme vos vêtements et il faut également souligner que le code vestimentaire comporte un côté burlesque qui rend le soft encore plus agréable à jouer. Vous pourrez les trouver dans les maisons ou les complexes que vous visiterez, du costume de cheerleader à la toque de cuisine en passant par des cosplay fous. Il est même possible de s’équiper entièrement d’armures comme vous en trouvez dans les RPG médiévaux, le temps de s’amuser du comique de situation. Si on ajoute à cela la répartie du héros, le trait humoristique décomplexée de Dead Rising 4 est une vraie bouffée d’air et procure des barres de rire qui font du bien au paysage vidéoludique de cette fin d’année.

Un grand bordel !

Si casser du zombie reste toujours amusant dans le soft de Capcom Vancouver, l’ensemble montre quelques limites dans la créativité. Les seules choses qui surprendront les habitués de la licence restent les possibilités de combos inédites et les nouveaux costumes qui permettent de jouer en toute légèreté au jeu. C’est dans cette optique qu’il faut accueillir ce Dead Rising 4, comme un passe-temps qui nous permettra de consacrer des heures en toute tranquillité à buter tout ce qui bouge. A côté de cela, quelques problèmes de collision tant la foule est dense, une visée arcade qui ne plaira pas à tous notamment quand il est impossible de viser à partir d’un véhicule équipé d’une tourelle. Même Frank ne peut lock parfaitement un ennemi et devra tirer de façon approximative. L’histoire est plutôt cool comme le personnage mais les activités sont un peu trop répétitives et si vous n’aimez pas nettoyer des zones pour le fun, l’intérêt du jeu sera vite limité. Heureusement, le multijoueur rallonge un peu le plaisir en proposant de la co-op qui ne met pas en valeur l’aspect teamplay. En même temps, c’est pas tellement l’esprit de ce Dead Rising 4.

Le challenge ? Il dépendra aussi de votre équipement car si vous gardez les armes ultra efficaces pour les boss, vous n’aurez pas de gros problèmes de progression. Le Timer semble avoir disparu et cela vous enlève donc une pression qui vous forçait à vous bouger le cul pour remplir un objectif dans les temps. Ne vous attendez donc pas à voir de grandes nouveautés ou une révolution dans le gameplay de Dead Rising 4, le principe reste toujours le même et le jeu se traverse sans grosse prise de tête. Il lassera peut-être les habitués de la licence qui se contenteront de finir l’histoire mais il pourrait plaire à ceux qui découvrent la série, Capcom Vancouver jouant toujours autant sur ce que je vais appeler le Fun-Service !

Au final, même s’il ne révolutionne en rien la licence, Dead Rising 4 représente un réel défouloir, un lieu convivial qui permettra de tuer du zombie par milliers et de suivre les aventures déjantées d’un Frank West en pleine forme. Le côté loufoque du jeu est parfaitement appuyé par les combos d’armes et de véhicules, les costumes à enfiler et une bande-son énormissime, sans oublier le cynisme du personnage principal qui n’en loupe pas une pour lâcher une blague. Bien sûr, le titre n’est pas exempt de tout défaut avec des bugs de collision et un aspect répétitif mais il se présente sans prétention comme un incontournable pour les fans de la série et les nouveaux qui pourront s’amuser de nombreuses heures sur le jeu. Dead Rising 4 mérite bien sa place sous le sapin pour tous les joueurs prêts à casser du zombie de toutes les façons possibles.

dead rising 4

Fiche Technique :

  • Plateforme : Xbox One
  • Editeur : Microsoft
  • Développeur : Capcom
  • Date de sortie : 6 décembre 2016
  • Prix : 69,99 €
  • Test réalisé à partir d’une version Xbox One fournie par Microsoft.