Tarsier Studios avait réservé à la Gamescom 2016 la surprise du chef avec Little Nightmares, signant ainsi une collaboration alléchante avec Bandai Namco. Nous avons enfin pu dévorer l’aventure de Six dans son intégralité et il en ressort un goût d’inachevé mais dont la saveur nous a marqué.

Le studio Tarsier nous livre ses petits cauchemars avant les rêves incertains de Media Molecule avec qui ils avaient collaboré pour Tearaway Unfolded. Au programme, une virée dans le morbide et un univers plutôt intriguant.

Little Nightmares

Notre test a été réalisé à partir d’une version PS4 offerte par l’éditeur. Le jeu est d’ores et déjà disponible sur PS4, Xbox One et PC pour environ 20€.

Immersion réussie !

L’objectif des développeurs demeuraient la narration d’un conte macabre et on ne peut pas dire qu’ils ont échoué. Dans un premier temps, c’est bien visuellement que notre curiosité est piqué. Même s’il rappellera à certains joueurs des jeux comme Inside, Little Nightmares parvient à garder sa propre identité, marquée par des jeux de lumières et des décors picturaux bien à lui. A chaque fois que l’on découvre un nouveau décor, nous sommes animés d’une envie d’exploration omniprésente. Il faut dire que tout est intriguant dans ces petits cauchemars, du personnage principal aux vilains qu’elle veut éviter sans oublier les pièces parcourues qui semblent tous nous raconter un petit bout d’histoire.

Macabre, le conte l’est certainement et Tarsier nous le fait comprendre assez rapidement. Quelques traces de sang jonchent parfois le sol, un homme pendu dans le décor suivant et bien d’autres situations. Rien n’est expliqué, c’est au joueur d’assembler le puzzle et nous le reconstituons volontiers avec une dose de curiosité, parfois d’effroi. L’univers de Little Nightmares reste libre d’interprétation et surtout d’imagination tant on ne sait pas vraiment ce qui se trame ici. Il est transcendé par une direction artistique de qualité notamment avec une bande-son dangereusement enivrante, nous transportant petit à petit dans des ténèbres insoupçonnés.

En terme d’immersion, c’est on ne peut plus réussi. On se délecte de cette aventure au point d’en avoir un appétit vorace, carnivore. Malheureusement, on reste aussi sur notre faim, du fait d’une aventure qui se termine un peu trop rapidement.

Little Nightmares

Six pieds sous terre !

Little Nightmares place le joueur dans la peau de Six, une jeune fille qui semble frêle, innocente et en proie à des ennemis aussi laids que meurtriers. Soulignons bien que les personnages sont ingénieusement dessinés, chacun se mélange au décor avec audace et participe à la cohérence de l’univers qu’il nous est offert.

En terme de mécaniques de jeu, c’est simple, nous sommes dans un jeu de plateforme qui se contente de décors en 2D, avec un défilement horizontal des niveaux à double sens mais dans lequel le rythme n’est pas unique. Il nous est demandé souvent de trouver la manoeuvre à effectuer pour débloquer la pièce suivante et pour cela, nous devons parfois effectuer des escalades verticales, analyser le décor, chercher la logique et interagir avec l’environnement. D’ailleurs, c’est en cela que Little Nightmares reste aussi plaisant à jouer, il est possible de se servir d’une multitude d’objets, de grimper le mobilier afin de progresser et tout se fait très naturellement malgré quelques soucis techniques.

Little Nightmares

Little Nightmares présente plusieurs décors symboliques qui représentent chacun un chapitre de l’histoire. Chaque lieu présente son méchant et un environnement qui lui est propre. Lors de la Gamescom, nous avions vu la cuisine et son affreux cuistot. Nous en verrons d’autres avant dans des chambres à coucher qui présentent des décors moins éclairés, des salles de transition qui varient quelques fois les séquences de jeu et encore d’autres décors que nous éviterons de spoiler. Néanmoins, on regrette que nous n’ayons pas eu à découvrir davantage de pièces au vu de l’immensité de l’endroit. C’est aussi dommage que le danger soit bien trop souvent prévisible pour Little Nightmares qui manque parfois de profondeur. Bandai Namco nous avait annoncé une durée de vie qui comprendrait entre 5 et 8 heures de jeu, l’éditeur n’a pas menti. Ce qui est dommage, c’est que la rejouabilité soit très limitée. En effet, lorsque nous terminons l’histoire, il est possible de s’y replonger mais aucun New Game Plus ou de difficulté élevée. Il est simplement question de revisiter les mêmes décors avec pour objectif de récupérer le peu de collectibles et de trouver les pièces cachées ainsi que les nomes qui s’y cachent.

Quoiqu’il en soit, nous avons avec Little Nightmares une aventure fascinante, une plongée dans le lugubre. L’histoire ténébreuse de Tarsier Studios se termine un peu trop rapidement à notre goût mais le périple de Six est captivant, l’exploration maintient notre curiosité éveillée tout au long des 6 heures de jeu. C’est notamment dû à une direction artistique réussie portée par la mise en scène d’un univers aussi original que mystérieux. A ce prix, il serait bête de s’en priver malgré le manque de rejouabilité du soft. On espère une suite avec une réalisation encore plus aboutie, des mécaniques de jeu approfondies et un monde toujours aussi immersif.